La Fonction publique recrute des milliers de médiateurs anti-Covid

Séverine Cattiaux
DOSSIER : Travailler dans le social

Equipés et dûment formés, des bataillons de médiateurs de la lutte anti-covid vont être recrutés dans les prochaines semaines. Polyvalents, ils réalisent les tests, interprètent les résultats, procèdent au contact-tracing et font de la prévention auprès des personnes.

coronavirus

Plusieurs milliers de CDD de médiateurs de la lutte anti-covid vont être renouvelés et créés dans les mois prochains. Car si les médiateurs de lutte anti-covid sont à pied d’œuvre depuis septembre 2020, le combat contre l’épidémie est loin d’être fini. En janvier, au vu de la situation sanitaire, les agences régionales de la santé, avec les préfectures, ont eu pour consigne d’amplifier la démarche " tester, alerter, protéger", et ainsi de renforcer le dispositif des médiateurs de lutte anti-covid. Dans le département de la Haute Garonne, les nouveaux contrats des médiateurs courent jusque fin juin. Et ensuite ? « Nous verrons à moment-là pour poursuivre ou non ce dispositif », indique Jean Sébastien Dehecq, ingénieur d’études sanitaire à l’ARS Occitanie.

Qui recrute ?

D’ici avril, l’ARS d’Occitanie prévoit de former 1061 médiateurs. L’ARS Auvergne-Rhône table sur le recrutement d’un bataillon de 1400 médiateurs. C’est toutefois à l’échelon départemental que les médiateurs sont recrutés et formés par des prestataires que désignent les ARS. Dans le département de la Haute-Garonne, c’est l’association de la protection civile qui s’est vu confier le dispositif.

Autre grand pourvoyeur de médiateurs : l’éducation nationale. A titre d’exemple, 30 méditateurs vont être prochainement mobilisés pour les dépistages salivaires dans les écoles de Haute-Garonne. Sur les campus, les universités entendent elles-aussi faire appel aux médiateurs de la lutte anti-covid. L’académie de Grenoble s’apprête à recruter pas moins de 86 médiateurs pour accompagner les campagnes de dépistage dans tous ses établissements scolaires. Les entreprises et les collectivités locales vont elles aussi pouvoir recruter des médiateurs de lutte anti-covid.

Qui peut postuler ?

Les professionnels de la filière médico sociale, comme les aides soignants, les laborantins, et aussi toute personne dépositaire d’un bac ou équivalent ayant un diplôme de secouriste peuvent postuler. Les candidatures sont également ouvertes aux étudiants. "Les étudiants dans toutes sortes de filières sont nombreux à postuler", observe Tony Tacsin, président de l’association de protection civile (ADPC) de Haute Garonne. " En Occitanie, les demandeurs d’emplois et les services civiques auront la priorité pour ces emplois ", assure Benoît Ricaut Larose, directeur adjoint du 1er recours à l’ARS Occitanie.

Lors de l’entretien, ce sont aussi les aptitudes des personnes, sens de l’écoute, et leur adaptabilité, qui seront appréciées. " Pour les professionnels de la santé, cette activité de médiateur permet d’alterner avec leurs activités d’origine, et de découvrir autre chose. Pour les étudiants, outre l’expérience que cette mission leur apporte, c’est aussi un moyen de gagner leur vie ", commente Tony Tacsin.

Missions élargies 

Depuis février, l’ADPC a embauché neuf médiateurs à temps plein. Leurs missions ont été élargies par rapport aux premiers CDD de septembre. " Avant les médiateurs effectuaient essentiellement les tests naso pharyngés, maintenant ils font aussi du tracing, de l’information, de l’interprétation de résultat, c’est plus complet ", souligne Tony Tacsin. Par rapport à la première vague de médiateurs, les nouveaux sont amenés à intervenir dans des lieux toujours plus variés.

Par équipe de quatre, les médiateurs vont tester aussi bien le personnel d’une entreprise, se rendre en zone rurale sur un marché pour proposer le test aux habitants. Ils peuvent aussi bien officier devant un centre commercial que dans une station de ski. " Les médiateurs vont là où il y a une demande de dépistage, en vue de prévenir, mais ils sont aussi envoyés en mode " pompier ", là où un cluster est signalé ", résume Benoît Ricaut Larose.

Rémunération et formation

La rémunération s’établit entre 1500 et 2000 euros nets par mois. Les repas et les frais de transport sont pris en charge par l’employeur. Les médiateurs bénéficient d’une formation gratuite de trois jours. Sous la houlette de l’assurance maladie, via une formation en e-learning, les futurs médiateurs vont apprendre les techniques du « contact-tracing », ce qui consiste à interroger les personnes positives sur leur passif des derniers jours pour repérer les cas contacts et à appeler ces derniers pour les inviter à se faire dépister. Les médiateurs vont également s’initier aux gestes de prélèvement, à la lecture et l’analyse d’un test lors d’une formation en présentiel sur deux jours.

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